2011
02
Sep
Une rentrée sur fond de crise
Ça y est : c'est la rentrée et chacun reprend ses marques !
Trois ans après la chute de la banque Lehman Brothers, les événements survenus au mois d'août prouvent que la crise n'est pas finie. En 2008, les Etats se sont fortement mobilisés en augmentant les dettes publiques pour soutenir les banques et relancer l'économie. Aujourd'hui cet endettement constitue le problème entraînant une fébrilité des marchés, un dévissage des valeurs capitalistes des entreprises et des banques. Cette continuité dans la crise fait craindre une spirale infernale où la faible croissance, l'augmentation du chômage vont accentuer les difficultés économiques et sociales. La situation actuelle résulte d'une absence de volonté politique de réformer en profondeur le système financier et le refus dogmatique de permettre une certaine inflation pour baisser la dette. Face à cette situation, il devient urgent de changer de cap.
L'impatience des marchés financiers à demander une réduction de l'endettement frappe la majorité des pays de la zone euros. Alors que la hausse du chômage est persistante, que le sort des plus démunis ne cesse de s'aggraver, la série de mesures annoncées par notre gouvernement sont décevantes et surtout déséquilibrées. Ces dispositions n'ont ni cohérence économique ni cohérence sociale. Cette politique de rigueur ne répond pas à la nécessité de relancer l'économie, de protéger l'emploi et le pouvoir d'achat des plus fragiles, d'introduire de l'équité dans les prélèvements. En frappant durement les salariés, en restreignant les capacités d'achat des ménages, les mesures prises hypothèquent un soutien à la croissance par la consommation.
Dans ce contexte, réunie le 1er septembre 2011, l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU, Unsa et Solidaires, estime "indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement" et appelle à la mobilisation le 11 octobre.
Les organisations syndicales CGT, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires dénoncent le caractère injuste et inéquitable des mesures censées réduire « le déficit de la France ». La facture est principalement supportée par les salariés et les consommateurs. Le gouvernement ne remet pas en cause les niches fiscales dont on sait qu’elles n’ont aucune efficacité économique et sociale. La contribution des plus hauts revenus reste symbolique et n’est pas de nature à réduire les inégalités.
Pour relancer la croissance, en respectant les impératifs de développement durable, réduire les inégalités et maîtriser les déficits, une politique visant une autre répartition des richesses et favorisant le développement économique et social est incontournable.
Cela suppose des réformes structurelles importantes comme une réforme globale de la fiscalité intégrant une plus grande progressivité, une politique industrielle coordonnée au niveau européen, des services publics de qualité.
- Abandonner la taxation des complémentaires santé ; supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires ; conditionner toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises.
- Mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières
- Faire de l’emploi, en particulier celui des jeunes, une priorité. Stopper les suppressions d’emplois dans la Fonction publique.
- Soutenir le pouvoir d’achat notamment des plus bas revenus et réouvrir les négociations salariales dans les entreprises et la Fonction publique pour réduire les inégalités notamment entre les femmes et les hommes.
Les organisations syndicales estiment indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement, le patronat, les débats parlementaires en cours et à venir.
Elles décident d’une journée nationale d’action interprofessionnelle le mardi 11 octobre 2011. Partout, le débat sur le contexte, les enjeux et les modalités (manifestations, rassemblements, arrêts de travail, etc.) est nécessaire pour construire cette journée. Les organisations se retrouveront le 15 septembre 2011.