Depuis des mois, les salariés de Thales et de Safran sont à l’écoute de la presse, seul vecteur d’information disponible, pour s’emparer du moindre écho concernant les discussions en cours entre leurs PDG.
Les 2 500 salariés de Safran concernés, en réalité Sagem Défense Sécurité (Division Optronique et Défense), sont fermement mobilisés face à ce qu’ils considèrent comme la fin définitive de Sagem, et face à un projet qui n’intègre aucune réflexion en amont sur ses impacts sociaux potentiels.
Pour Thales, ce sont surtout les salariés de la navigation inertielle qui sont en première ligne (250 p). Ils considèrent qu’ils sont sacrifiés sur l’autel du moindre mal, en temps que « monnaie d’échange », sur la base d’un montage potentiellement instable et anxiogène quant à l’avenir des sites de Châtellerault et de Valence.
. La petite communauté des spécialistes de l’inertie sait que, dans ce domaine, le modèle qui impose à un industriel d’approvisionner le cœur inertiel de ses systèmes de navigation dans une entreprise contrôlée par un concurrent n’est pas viable.
Les salariés de TOSA (Optronique Thales) sont également inquiets des conséquences possibles d’un regroupement, non seulement pour certaines activités « en doublon » avec celles de Sagem, mais aussi pour les « rationalisations » futures, notamment des activités de Sagem qui sont géographiquement très dispersées.
Les salariés de TAEM et TAES n’ont pas non plus une vision claire de leur avenir potentiel dans Safran.
Nous sommes face à un grand vide si nous cherchons trace d’un véritable projet industriel, national ou européen, qui serve le développement des deux Groupes et de leurs sous-traitants. Le même vide s’impose si nous cherchons à savoir comment est prise en compte la préservation de l’emploi, dans les différents bassins d’emplois locaux.
La CFDT demande un moratoire immédiat sur le projet avant toute décision engageante pour donner le temps au dialogue et à la réflexion afin de prendre en compte les intérêts de l’ensemble des parties-prenantes, dont les salariés.
L’élaboration de solutions les plus efficaces industriellement et responsables socialement pour les deux Groupes est à cette condition. Les solutions d’intérêt général ne peuvent se valider en petit comité de décideurs financiers.
Il est grand temps de mettre ce dossier sur la table, avec les pouvoirs publics, les partenaires sociaux, les responsables politiques pour travailler sur des solutions mobilisatrices des entreprises concernées.