
2012
11
Jan
2012 : emploi, salaires
Cette nouvelle année s'annonce particulièrement importante au regard de la crise que nous traversons, des conséquences économiques et sociales, des incertitudes pesant sur notre entreprise, importante également sur le plan politique avec deux rendez-vous majeurs, les élections présidentielle et législative. Sur le plan de la démocratie en entreprise, cette année sera marquée par les élections professionnelles dans chacun des établissements de TSA.
Réinstaurer la société de confiance
Au plan national, l'année 2011 s'est déroulée sur fond de crise financière et ralentissement économique. Elle s'est achevée avec un niveau de chômage inconnu depuis dix ans et un nouveau plan de rigueur aux mesures injustes et inefficaces.
Malheureusement, tout porte à penser que l'année qui s'ouvre sera de la même veine dans une conjoncture internationale incertaine alors que notre pays vient d'entrer dans une phase de récession. L'emploi et les attaques contre les dépenses sociales et de santé constitueront en ce début d'année des préoccupations majeures pour un grand nombre de nos concitoyens.
Certes, concernant l'emploi, le Gouvernement a programmé, le 18 janvier prochain, un sommet social pour en discuter avec les organisations syndicales patronales et celles des salariés. Toutefois, cette réaction tardive et l'approche des élections présidentielles font douter de la véritable sincérité des responsables de l'Etat dans cette démarche. Malgré cette suspicion et le risque de manipulation, la CFDT participera à cette rencontre et revendiquera des mesures fortes, rapides et utiles aux salariés : amélioration du chômage partiel, formation des salariés plutôt que licenciement, contrats aidés et accompagnement des jeunes chômeurs, moyens supplémentaires à Pôle emploi, soutien aux salariés précaires ...
Dans le même temps, alors qu'il faudrait renforcer le pouvoir d'achat pour accroître la consommation et soutenir l'emploi, le deuxième plan de rigueur décidé par le Gouvernement en fin 2011, s'est traduit, dès le 1er janvier, par une rafale d'augmentations qui vont affecter les ressources des ménages. Ces mesures aggravent la situation des plus modestes. Les inégalités de salaires se creusent de plus en plus en faveur des plus riches qui, de plus, ont bénéficié au cours des dernières années d'une imposition allégée. Ces inégalités fragilisent notre modèle de protection sociale, de solidarité.
Dans un tel contexte, il n'y a rien de surprenant et d'illogique au pessimisme, au mécontentement, à l'anxiété, à la colère d'un grand nombre de salariés. Si globalisation, mutations technologiques poussent au changement, il ne faut pas se tromper de diagnostic : pour être acceptées, elles doivent s'opérer dans une société plus juste, dans une société de confiance. Nous en sommes loin aujourd'hui avec cette crise qui frappe les salariés dans leur quotidien mais permet aux sociétés du CAC 40 d'engranger des profits comme rarement.
C'est sans doute cette confiance que devront conquérir les politiques qui se présenteront en avril prochain à nos suffrages.
La situation de Thales Systèmes Aéroportés est paradoxale.
En effet, malgré une très bonne année 2011 avec notamment un carnet de commandes représentant près de 4 ans d'activité, ce début 2012 reste difficile pour le personnel avec un plan de réduction des emplois en cours et les incertitudes à moyen terme concernant les ventes d'avions « Rafale » à l'export.
L'emploi reste une préoccupation très vive pour la CFDT de TSA suite à l'application pour la 4ème fois d'une GAE et le projet de transfert de salariés vers Thales Global Services.
Dans le premier cas, sous l'impulsion de notre organisation syndicale, le nombre de salariés concernés par le dispositif a été fortement réduit (de 120 à 55 postes). La CFDT restera vigilante pour faire respecter la notion de volontariat lié au dispositif et au reclassement de chacun.
Concernant le transfert de salariés (services achat, administration/paie, communication) vers TGS, il s'agit d'un choix d'organisation de « financiarisation» qui s'oppose au travail en équipe, aux relations de proximité. Ce projet auquel la CFDT s'oppose, peut s'identifier au dossier Facéo qui s'est conclu par la cession de cette activité en dehors du groupe.
L'échec de la vente d'avions Rafale à la Suisse en fin 2011, les incertitudes pesant sur le contrat NOOR, obligent à construire une stratégie d'innovation technique et sociale pour le moyen terme. Ceci impose de mettre notamment au cœur du dispositif : un renforcement de la politique de Recherche et Développement, le maintien et le développement des compétences des salariés, l'embauche de jeunes, un autre modèle d'organisation d'entreprise qui renforce la dimension collective et l'attribution des responsabilités au plus près du terrain.